C'est là que ça se passe
Credit: The Watson 2016 Foundation

Une intelligence artificielle Présidente des Etats-Unis

Serons-nous un jour gouvernés par des programmes informatiques ? Telle est la question lancée par le site web ''Watson for President'', qui prétend proposer le programme d'IBM Watson comme candidat aux élections présidentielles américaines de novembre prochain.

Son site web a tous les atours d’un site de campagne classique. Maison Blanche en fond, drapeau américain, profession de foi en bonne et due forme. Pourtant, ce candidat là ne ressemble guère à ses concurrents, puisqu’il s’agit d’un programme informatique, en l’occurrence le dénommé Watson d’IBM, intelligence artificielle qui s’est déjà distinguée en 2011 en écrasant ses adversaires au jeu télévisé Jeopardy. Watson, projet phare de la firme américaine, est capable de comprendre des questions, d’y répondre, de faire des choix et de traiter en temps réel d’immenses bases de données. « Nous pensons que les capacités uniques de Watson pour analyser l’information, et prendre des décisions éclairées et transparentes, en font un candidat idéal pour le poste à responsabilités que représente celui de président » argue ainsi le site web « Watson for President ». Selon le site, Watson pourrait analyser les qualités et défauts de chaque décision, et évaluer « son impact sur l’économie, l’environnement, l’éducation, la santé, la diplomatie et les libertés publiques ». L’initiative pourrait relever d’un joli plan de communication pour IBM mais il n’en est rien. En réalité, c’est un artiste et designer américain, Aaron Siegel, qui en est à l’origine. Comme il l’explique au quotidien Le Monde, ce projet est issu « de la frustration et de la désillusion vis-à-vis du processus de l’élection présidentielle américaine ». « Je me suis demandé quelle personne pouvait être le politicien le plus objectif, efficace et non partisan, poursuit-il, et je me suis rendu compte que cette personne était un ordinateur ». Si ce projet relève pour une bonne part du happening, il entend aussi et surtout souligner un « besoin de transparence » en politique, trop soumise aux puissances de l’argent. Il souhaite également inviter à réfléchir davantage à la place de l’intelligence artificielle dans notre monde. Une initiative pour le moins pertinente alors que les gouvernements se convertissent peu à peu au Big Data et à l’utilisation des algorithmes pour une meilleure gestion du bien public.

 

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