Historique !
by charlie 13N

Tchernobyl pour les générations futures

30 ans après, a-t-on vraiment pris la mesure de ce qui s’est passé ?

L’évocation médiatique, trente ans après, de l’accident de Tchernobyl du 26 avril 1986, dégage une curieuse impression. Souvenirs douloureux et interrogations perdurent tant autour de l’état des lieux des séquelles laissées par la catastrophe que des moyens d’en prévenir d’autres. Les normes de sécurité ont certes évolué depuis. Pourtant, souligne Anders Moller, biologiste du laboratoire écologie, systématique et évolution de l’Université Paris Sud-Orsay « Tchernobyl n’a pas imposé une norme juridique internationale en matière de zone d’exclusion autour de ce type d’installation et les enseignements de la catastrophe ont été inégalement tirés selon les pays ». En particulier au plus près du drame, « où les populations qui résident dans le périmètre de l’ancienne centrale demeurent souvent sous-informées », d’après le scientifique, qui s’est rendu plusieurs fois sur place.

 

L'explosion du réacteur 4

L’explosion du réacteur 4

 

Il y a donc comme un paradoxe, à tenter de « commémorer » Tchernobyl. L’événement, et le simple nom auquel il est associé, agit comme une sorte de hantise superposée à ses répercussions – connues ou possibles -, qui interdit de le circonscrire à ce 26 avril 1986 à 1h23 au réacteur 4. De même, l’Histoire n’a jamais tranché entre la centaine de versions qui ont circulé sur l’origine du drame et son facteur direct : de l’erreur mécanique fatale d’un seul à l’inopportunité d’un essai d’ilotage sur le réacteur 4, en passant par un séisme enregistré à quelques secondes de la fuite radioactive. Le legs de Tchernobyl aux générations futures, c’est peut-être l’éternité des questions posées par une catastrophe, avec en creux la plus fondamentale : à l’ère scientifique la plus avancée, l’homme a-t-il été ce jour-là dépassé par son œuvre ?

 

Pour aller plus loin