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MarsOne

Nasa, Mars One : de l’embouteillage à l’affût de la Planète Rouge

La planète Mars compte deux prétendants sérieux à sa conquête. Très cadré et progressif, le projet Journey to Mars de la Nasa est concurrencé par Mars One, initiative d’origine néerlandaise de peuplement de la Planète Rouge. Deux ambitions et deux approches pour un objectif encore lourd d’incertitude.

Is there life on Mars ?, s’interrogeait David Bowie dans la chanson du même nom, deux ans après les premiers pas de l’homme sur la lune. Quatre décennies plus tard, le doute ne semble plus permis. Puisque les Martiens chers à Ray Bradbury ne se manifestent toujours pas, l’espèce humaine se chargera elle-même de mettre de la vie sur la Planète Rouge. Et il y a même bousculade à l’entrée, à la faveur de deux projets aux calendriers presque concomitants : Journey to Mars1 et Mars One2. Objectif final : rejoindre Mars à l’horizon 2030.

Le premier émane de la Nasa, le second des ingénieurs néerlandais Bas Lansdorp et Arno Wielders. Pour l’un et l’autre, les années 2016 et 2017 donneront lieu à la finalisation d’une importante phase de recrutement. Réduite à 47 astronautes actuellement, la Nasa a annoncé le 4 novembre 2015 son intention d’étoffer ses rangs de 300 nouvelles recrues. Les postulants devront au préalable justifier d’une nationalité américaine, d’un diplôme supérieur assorti d’une expérience professionnelle d’au moins trois ans en sciences, mathématiques, biologie ou ingénierie et de 1 000 heures de vol pour ceux rompus au pilotage. Avec un peu plus d’avance, Mars One devrait, courant 2016, dévoiler les noms de ses 24 pionniers de la vie martienne, après trois ans d’écrémage de candidats dont le nombre s’élevait au départ à 202 586 citoyens issus de 140 pays (dont 2 500 français). Mais là s’arrête la relative concordance entre les deux processus.

 

Nasa

 

 

Expérimentation vs résidence permanente

Jurant de l’opérationnalité des technologies qui portent leur projet, les deux pères néerlandais de Mars One anticipent ni plus ni moins qu’une colonisation humaine de la Planète Rouge, dont l’envoi des 24 sélectionnés en 2026 signerait la première étape… sans retour prévu sur Terre. Logé dans de petits habitats en forme de capsule, le contingent est appelé à former une véritable population de résidents permanents à raison d’un nouveau train d’expatriation planétaire tous les 26 mois.

Très séduisant à la lecture, le projet Mars One n’en suscite pas moins de sérieuses objections, en particulier quant à la résistance des Outpost Alpha (les résidences coloniales martiennes) à leur futur environnement. Plus grave, selon une étude3 du Massachusetts Institute of Technology (MIT) menée à l’appui des données fournies par les promoteurs de Mars One, le climat hostile de la Planète Rouge ne laisserait espérer à la présence humaine rendue sur place qu’une longévité de… 68 jours (risque d’asphyxie).

 

Le calendrier prévoit des missions robotisées dès 2018 mais se garde bien de fixer la date d’une future expédition humaine

 

Comment produire de l’oxygène et exploiter des ressources de façon à garantir l’autosuffisance extra-terrestre ? La Planète Rouge le permet-elle ? La réponse à ces questions figure parmi les objectifs du programme Journey to Mars, de la Nasa, dont le calendrier prévoit des missions robotisées dès 2018 mais se garde bien de fixer la date d’une future expédition humaine. Délaissant la station spatiale internationale, l’agence a encore à mettre au point son fameux Space Launch System (SLS) en direction de Mars et de la Lune avant d’écrire une nouvelle page de la conquête spatiale.

Pour l’heure, en réponse à la philosophie de Mars One, rien n’indique que le Terrien ait vocation à vivre sur une autre planète que la sienne, n’ayant d’autre choix que de la sauver.

 

1 – Voir le site : http://www.mars-one.com/

2 – Téléchargeable à partir de ce lien : http://www.nasa.gov/sites/default/files/atoms/files/journey-to-mars-next-steps-20151008_508.pdf

3 – Téléchargeable à partir de ce lien : http://dspace.mit.edu/handle/1721.1/90819#files-area

cc. L’image de Une est issue du projet Mars One, celle dans le corps du texte de Journey to Mars

 

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