C'est là que ça se passe

Le coworking et la génération Y

Se rendre au travail où et quand on veut, de préférence près de chez soi, dans une ambiance conviviale et stimulante, sans tensions ni rapports de force ? Après l’effet de mode, le coworking s’impose comme la manière de travailler des nouvelles générations.

Depuis une dizaine d’années, la révolution numérique a conduit à une révolution des usages dont le coworking est l’un des fers de lance. Les Arpenteurs reviennent sur un des phénomènes les plus marquants de ce début de siècle : celui d’une révolution offline, qui dévirtualise les relations et fait émerger des idées neuves.

 

Qu’est-ce que le coworking ?

Pour un prix raisonnable (environ 250 à 350 euros par mois, sans caution – ni obligation de payer les jours où l’on n’est pas là, si l’on fréquente ces lieux à la journée), les espaces de coworking permettent de bénéficier d’un espace de socialisation comparable à celui d’une entreprise. Plus que de partager un bureau et des outils, ces espaces réunissent dans un même endroit des personnes aux projets et aux regards différents. Il existe aujourd’hui plus de 90 espaces de ce type à Paris et près de 300 à travers la France, dans les grandes comme dans les plus petites villes.

 

De l’atomisation à l’agrégation

Les raisons d’une telle diffusion sont multiples. Pour les travailleurs indépendants, il s’agit avant tout d’éviter la solitude, la dispersion et la procrastination en travaillant dans un lieu extérieur à son domicile. Dans un monde qui s’organise en réseau, entreprendre et travailler seul n’est ni très agréable ni très productif. Ainsi, si le monde contemporain semble aller vers une atomisation sociale (universités en ligne et télétravail permettant de travailler chez soi), le besoin de se réunir n’est pas en passe de disparaître. Ceci vaut pour les graphistes, consultants, et autre rédacteurs, mais encore pour les savoir-faire artisanaux, artistiques et technologiques. Le MakerSpace d’« Ici Montreuil » met ainsi des ateliers et des machines au service de ses adhérents.

 

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Une communauté solidaire et stimulante

Les espaces de coworking permettent un véritable dynamisme, aussi bien en termes de créativité que d’opportunités. Comme nous l’explique Antoine Van Der Broek, cofondateur de la Mutinerie à Paris, en devenant coworker, vous devenez membre « d’une communauté solidaire ». Vos amis coworkers peuvent par exemple vous faire découvrir de nouveaux logiciels ou vous enseigner de nouvelles techniques. Pour Antoine, « les espaces de coworking permettent de créer de petits écosystèmes très féconds permettant à des projets et à des start-ups d’émerger et de se développer ». En effet, en rassemblant des professionnels de tous horizons (une vingtaine de nationalités à la Mutinerie) dans un lieu qui favorise l’échange, ce mode d’organisation du travail permet de s’ouvrir à de nouveaux possibles.

 

D’un modèle vertical à un modèle horizontal

Comme le souligne encore Antoine Van Der Broek, en remettant en question la forme hiérarchisée et pyramidale du travail au profit d’agrégations ponctuelles de compétences, le coworking est à la fois une « nouvelle manière de travailler et de vivre qui remet l’individu au centre du processus productif » : libre mais pas seul, autonome mais pas isolé. C’est cette même dynamique que cherche aussi à favoriser un espace de coworking comme Le Tank, dans le quartier de la Bastille à Paris, dont le mot d’ordre est de fédérer « les esprits créatifs du numérique ».

 

Le besoin de contacts directs, physiques, entre individus va aller s’accentuant dans un monde de plus en plus avalé par le cyberespace

 

 

Vers un bureau à l’international ?

La recherche de mobilité, d’échanges et de flexibilité n’est plus l’apanage d’un petit groupe au mode de vie marginal mais, au contraire, l’horizon d’un nombre de plus en plus important d’individus. Selon Antoine Van Der Broek, le coworking participe de plain pied à cette « révolution culturelle » et à ce mouvement d’une société plus « liquide et nomade ». A Paris, la Mutinerie offre ainsi des « Copass » permettant de travailler dans n’importe quel des 400 espaces de coworking faisant partie du réseau en France et dans près de 40 pays à travers le monde.

 

Quel avenir pour le coworking ?

Peut-être qu’on ne l’appellera plus coworking, mais le principe va perdurer, c’est une certitude. D’abord parce que le nombre de travailleurs indépendants va augmenter dans les années à venir (on estime qu’ils vont dépasser le nombre de salariés aux Etats-Unis à échéance 2020, source Gigaom), ensuite parce que le besoin de contacts directs, physiques, entre individus va aller s’accentuant dans un monde de plus en plus avalé par le cyberespace, enfin parce que les compétences requises sur tel ou tel projet vont nécessiter un assemblage de talents de façon ponctuelle que ces espaces peuvent accueillir facilement. Même les grands groupes vont s’y mettre, en dédiant une partie de leurs espaces de travail à des zones de coworking, par exemple dans des hubs partagés aux portes des grandes villes ou à proximité des aéroports. L’avenir est à la fluidité et à l’optimisation : le coworking répond parfaitement à cette tendance de fond.

 

Informations complémentaires :

  • La carte du coworking en France : http://coworking-carte.fr
  • Quelques espaces de coworking connus à Paris : Mutinerie, Beeotop, Ruche, Usine, Bocal, Vaisseau, Kabane, Arrêt Minute…

 

Pour aller plus loin