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Le 15 septembre, la sonde Cassini mourra pour la science

La mission Cassini-Huygens, à qui l'on doit l’essentiel des clichés et des informations dont nous disposons sur Saturne, prendra bientôt fin, faute de carburant. La sonde avait quitté la Terre en 1997.

La sonde Cassini ne fêtera pas ses 20 ans. Le « Grand final », dernière phase de la mission Cassini-Huygens, s’est ouvert en août et s’achèvera le 15 septembre par la grand plongeon de la sonde dans l’atmosphère de Saturne. Cela fait 13 ans que Cassini rôde autour du seigneur des anneaux, à 1,4 milliard de kilomètres de la Terre, pour en étudier l’atmosphère, la magnétosphère et les anneaux – mais aussi les nombreux satellites, Titan en tête.

Une mission franco-américaine longue de 20 ans

Elle avait été lancée le 15 octobre 1997 par la fusée Titan 4B, pourvue du nom de mission Cassini-Huygens – Cassini pour la sonde, Huygens pour l’atterrisseur. Fait remarquable, cette mission, la première consacrée exclusivement à l’exploration de Saturne et de ses lunes, était le résultat d’une coopération entre la NASA, à l’origine de l’orbiteur Cassini, et l’Agence spatiale européenne, qui a développé la sonde Huygens dans le cadre du programme Horizon 2000. La France, notamment, a pu jouer un rôle-clef dans ce projet en participant, à travers le CNES, à la  réalisation de la moitié des expériences scientifiques embarquées sur l’orbiteur et la sonde.

 

L’hexagone de Saturne, un ouragan au pôle Nord de la géante gazeuse –
Crédits : ESA/NASA/JPL/University of Arizona

 

L’espoir d’une vie extraterrestre dans les lunes de Saturne

Depuis 2004, la sonde à propulsion nucléaire n’a pas chômé : on lui doit des centaines de milliers d’images de Saturne, de ses anneaux et de ses lunes. Ces dernières intéressent tout particulièrement les astronomes : en se posant sur Titan, l’atterrisseur Huygens a ainsi pu décrire son atmosphère, qui est propre au satellite – Cassini, elle, a constaté la présence de lacs d’hydrocarbures liquides et de déserts. Plus frappant encore, Encelade, une autre lune de Saturne, abrite même un océan souterrain qui pourrait receler une vie micro-bactérienne. Cassini a également permis l’observation rapprochée des tempêtes présentes sur la géante gazeuse – comme le spectaculaire hexagone de Saturne, un gigantesque ouragan tournant en permanence au-dessus du pôle Nord.

Les dernières données de Cassini seront encore exploitées pour les années à venir

Lors de l’étape finale de sa mission, la sonde a révélé une autre information de taille à la NASA : l’âge réel des anneaux de Saturne. Les astronomes les imaginaient jusqu’alors soit massifs, issus des restes d’un ancien satellite détruit il y a 4,5 milliards d’année, soit légers, fruits de la collision de deux lunes il y a cent million d’années. L’étude des trajectoires de Cassini autour de la planète a permis d’estimer la nature de leur champ gravitationnel, et par là de calculer leur masse, qui va dans le sens de la seconde hypothèse : des anneaux relativement légers, et donc « jeunes ».

 

Vues aériennes de Titan, autour de l’aire d’atterrissage de Huygens – Crédits : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

 

Programmée pour durer 4 ans, la sonde Cassini est, à l’aube de sa vingtaine, presque à court de carburant. Pour éviter de la voir, devenue ingouvernable, s’écraser sur Titan ou Encelade, où elle pourrait porter atteinte à d’éventuelles formes de vie, les chercheurs ont programmé son suicide par dislocation dans l’atmosphère saturnienne. En attendant une éventuelle successeuse, le chant du cygne de Cassini continuera d’être exploité par les astronomes, qui espèrent toujours percer les secrets de la géante gazeuse.

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