Historique !

Déchets plastiques : l’Europe a tout à inventer !

La Chine s’apprête à réduire considérablement son importation de déchets plastiques. Les principaux exportateurs, Etats-Unis et Europe en tête, vont devoir faire face à leurs responsabilités en trouvant un moyen de traiter leurs propres déchets.

Elle l’avait annoncé le 18 juillet dernier à l’Organisation mondiale du commerce. En janvier, la Chine a drastiquement durci ses conditions d’exportation des déchets plastiques sur son territoire. Une mesure destinée à « protéger les intérêts environnementaux de la Chine et la santé des personnes » selon le ministère de l’Environnement chinois. Le pays recevait jusque-là 7 à 9 millions de tonnes de déchets plastiques par an, pour un total de 50 millions de tonnes de déchets solides annuels en moyenne.

7,3 millions de tonnes ont ainsi été expédiées vers les ports chinois en 2016, selon le BIR, l’association mondiale de l’industrie du recyclage. Ceux-ci proviennent du Japon, des Etats-Unis, mais aussi de l’Union européenne, qui y exporte 50 % de ses déchets plastiques. L’ordre de grandeur est sensiblement le même pour la France.

Panique en Occident

En Chine, deux tiers de ces déchets finissent dans des usines de recyclage non adaptées aux normes environnementales. Selon les estimations des instances gouvernementales chinoises, 20 % des importations totales ont trait au commerce illégal de déchets.

Or la Chine doit d’abord traiter avec sa propre production de déchets, déjà considérable. Deuxième puissance économique mondiale, elle est devenue du même coup le premier producteur de déchets à l’échelle de la planète. 430 000 tonnes de déchets en moyenne sont générées chaque jour dans le pays.

La nouvelle législation chinoise proscrit désormais 24 types de déchets : huit familles de plastiques, les papiers non-triés, certains textiles (la laine et le coton), et des déchets métalliques issus de la fabrication du fer et de l’acier. En d’autres termes, seuls sont désormais acceptés les déchets post-production. Les déchets plastiques post-consommation, abandonnées après un premier usage, devront rester dans leur pays d’origine.

Une opportunité pour la France ?

Les pays exportateurs de déchets vont désormais faire face à leurs responsabilités, et vont devoir trouver une solution pour traiter la quantité phénoménale de détritus générés chaque jour par leurs industries. Le problème sera brûlant pour l’Europe, qui n’a pas les infrastructures nécessaires pour absorber ces millions de tonnes d’ordures.

Pour les pays concernés, reste donc à faire contre mauvaise fortune bon coeur et à développer enfin des filières de recyclage nationales. Un défi d’autant plus urgent en France que la quantité de déchets plastiques produits sur le territoire augmente chaque année. Selon Christophe Viant, président de la branche « plastiques » à la Federec, la fédération française des entreprises du recyclage, cité par 20minutes, 3,417 millions de tonnes de déchets plastiques ont ainsi été collectées en 2016, contre 3,128 millions de tonnes en 2006. Sur ces 3,417 millions de tonnes, 1,173 million de tonnes ont été mises en décharge, 1,486 million de tonnes ont été valorisées sous forme d’énergie, et 22 % du total seulement a été recyclé.

La France semble prête à faire amende honorable : en juillet 2017, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé vouloir réduire de moitié les déchets mis en décharge et recycler la totalité des plastiques collectés d’ici à 2025. Mais la décision de Pékin offre aussi l’opportunité, pour les pays développés en général et pour la France en particulier, de repenser notre modèle économique et notre production de déchets.

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5 innovations pour en finir avec les déchets

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