Historique !
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Commémorer Verdun… jusqu’à quand ?

Les célébrations du centenaire de la bataille de Verdun ont sans doute atteint un but involontaire : éclipser l’événement à commémorer sous les polémiques entourant l’habillage des commémorations.

Avorté, le concert du rappeur Black M sous la pression de l’extrême droite. Contestée, houspillée, vilipendée, l’initiative consistant à faire courir 3 400 jeunes français et allemands entre les rangées de croix de l’Ossuaire de Douaumont. « Une commémoration n’est pas une fête », tonnent les plus critiques. Mais que devient une commémoration quand, d’une génération à l’autre, le récit de l’événement se déconnecte de la mémoire collective et, au-delà, de l’imaginaire national ?

Toute la question est là : commémorer Verdun, oui, mais pour dire quoi ? Le dernier poilu est mort en 2008. En leur temps, François Mitterrand et Helmut Kohl avaient donné au lieu une nouvelle résonance par un « main dans la main » qui scellait une Europe réconciliée par les ennemis d’hier. Et maintenant ? Plusieurs historiens raillent à deux titres l’accolade du 29 mai entre François Hollande et Angela Merkel. D’une part, le geste trahit la difficulté des deux chefs d’Etat à innover. D’autre, il intervient à un moment où l’Union européenne a du plomb dans l’aile, beaucoup accusant l’Allemagne de diktat économique. Fantasme-t-on un autre Verdun – « allégé » – dans certains états-majors politiques et travées parlementaires ? Jusque là, on commémorait Verdun comme symbole d’une guerre qu’on ne voulait plus voir se répéter. À ce nouveau jeu, on accole Verdun à un nouvel esprit de revanche alors que la guerre est terminée depuis cent ans. Et on ne commémore plus rien.

 

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