C'est là que ça se passe

Cartographie HD, la clé de la voiture autonome

Si les constructeurs automobiles s’activent à développer une technologie embarquée permettant aux voitures d’analyser toujours plus efficacement leur environnement, une pièce indispensable du puzzle reste à assembler : celle d’une cartographie de précision adaptée aux véhicules autonomes.

L’intelligence artificielle à bord des voitures du futur ne pourra à elle seule gérer la conduite. Pour être réellement efficace, elle doit s’appuyer sur une cartographie de pointe, préalable indispensable à leur mise en circulation.

Vu d’un carrefour digitalisé @civil maps

 

Google Maps obsolète

Pour ce nouveau type de véhicules, les systèmes de GPS actuels de Google Maps ou TomTom sont déjà en quelque sorte obsolètes car leur degré de précision est de quelques mètres. Or pour permettre à une voiture autonome de rouler en toute sécurité, sa position devra être évaluée à une distance inférieure à 20 cm. Le défi en cours est donc de réaliser des cartes numériques très précises incluant de nouveaux paramètres. Dans un premier temps, il faut permettre à l’lA de la voiture de calculer son trajet du point A au point B… jusqu’ici rien de nouveau. Dans un deuxième temps, il faut que le véhicule puisse se repérer en temps réel. En pratique, les capteurs du véhicule analysent leur environnement direct et le comparent à la carte ce qui lui permet d’établir sa position réelle à quelques centimètres près. Au final, et c’est ce qui est vraiment nouveau, il faut que le système embarqué puisse connaître l’emplacement de chaque panneau de signalisation, l’angle de courbe de chaque virage, détecter les lignes continues et les limitations de vitesse ou déceler accidents et embouteillages en temps réel.

©TomTom

Une tâche colossale quand on sait que la France compte à elle seule 1 million de kilomètres de routes et qu’aux Etats-Unis, il y a 4 millions de kilomètres à cartographier. Depuis quelques mois, des véhicules équipés de caméras 4K parcourent les routes européennes et américaines en captant 70 000 points de contrôle à la seconde. Des téraoctets de données sont ainsi générées.

La course à la donnée

De nombreux entreprises sont engagées dans cette course à la data car le marché de la cartographie pour les voitures autonomes est estimé à plusieurs milliards d’euros. Aux États-Unis, Google et Uber, en Europe, Tomtom et Here, un consortium regroupant BMW, Mercedes et Audi, se sont lancés dans la bataille. Des start-up comme Mapper ou Civilmaps misent sur le crowdsourcing pour la collecte des données en équipant les véhicules de particuliers contre rémunération de caméras et de capteurs.

Opération de cartographie réalisé par un véhicule de la société Here ©here

A terme, seuls quelques systèmes cartographiques devraient subsister. Quelque soit l’approche, l’alliance de la cartographie de pointe et de l’IA garantiront aux passagers un trajet en toute sécurité. Libérés de la conduite, ils pourront découvrir sur leur route, les loisirs et divertissements suggérés par l’IA, la voiture autonome devenant le troisième espace de vie après le domicile et le travail.

 

 

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