Historique !

Brexit : une crise salutaire pour l’UE ?

« Nous sommes avec vous mais pas des vôtres », annonçait Churchill en 1946 à l’aube du débat sur la construction d’une future Union européenne. Le vote du 23 juin sur le « Brexit », conclura peut-être une histoire en sens inverse de la formule.

Depuis son adhésion en 1973, le Royaume-Uni était bien du nombre des pays de l’UE, mais jamais « avec » l’Union elle-même.

Avec son système dérogatoire du « opt out » en matière de liberté, de sécurité et de justice, son rejet de l’Euro, de l’espace Schengen, de la Charte des droits fondamentaux, du pacte budgétaire européen et surtout sa fameuse ristourne sur la contribution des Etats – le « chèque Thatcher » – le Royaume-Uni n’a de fait jamais joué la carte de l’Union. Alors pourquoi rester dans le jeu sans en appliquer les règles ?

D’aucuns spéculent déjà sur la manière dont la chère Albion une fois sortie pourrait se raccrocher à ce collectif qu’on imagine mal sans elle. Un système de quasi alliance de type norvégien ? Coûteux. Une relation contractuelle de type suisse ? Lourde à négocier. Une association douanière « à la turque » ? Il faudra se plier aux exigences de l’UE. Les craintes portent ailleurs sur l’avenir de l’UE et l’appel d’air aux velléités de retrait d’autres Etats. Et si le salut passait par la crise ? La Grande-Bretagne, et surtout l’Angleterre, a beaucoup à perdre, l’UE a sans doute tout à gagner d’un moment qui l’obligerait à repenser le sens du mot « adhésion ». Adhésion des Etats. Mais aussi adhésion des citoyens à une communauté de destins, et pas seulement à des réglementations. Et si l’Union se réinventait ?

 

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